Bonsai-club du Lauragais
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BOTANIQUE ET TOPONYMIE II .

Nous donnons ici la suite de l’article de Madame Geneviève Durand ( parue dans le numéro 39 du journal Caminarem ). Les images viennent du net ou sont des dessins de John Naka.

LE SAULE ET LE PEUPLIER

Le saule et le peuplier, tous deux de la famille des salicacées, abondent autour de nous et sont très présents en toponymie. Mais comme on ne construisait pas les villages trop près des rivières ou au fond des vallons, lieux où ils poussent spontanément, ces espèces fournissent essentiellement des noms de lieux dits, hameaux ou écarts d’origine récente, ainsi que des noms de famille.

Le saule
Sous le terme SAULE, sont englobées plusieurs espèces qui ont en commun des feuilles allongées et généralement claires, caduques, et des chatons qui précèdent le printemps. Avec " son feuillage éploré " [1], son tronc " tordu, souffrant et vieux...planté au bord de son fossé d’eau verte et de fleurs d’or " [2], le saule est un arbre aimé des poètes. Dans les contes, son tronc creux cache une fée. Nous lui devons aussi un remède de base : les propriétés curatives de l’écorce de saule étaient connues depuis l’antiquité. En 1829, un pharmacien français a nommé salicyline la substance qu’il avait obtenue en faisant bouillir de la poudre d’écorce de saule. Des recherches qui s’en suivirent, on tira l’aspirine.

Le terme latin salicem donne en vieux français *sa-l-s > saus et en occitan sauze. Salix alba le saule blanc est le plus fréquent. Les toponymes représentent soit l’arbre isolé ( LE ou LA SAUCE, LES SAULX, SAUSSES ), soit avec les suffixes à sens collectif : en France d’oil, -oy, ay ( SAUSSOY, SAUSSAY, SAULCHOY ) ; en France d’oc, les suffixes -et, -ède donnent : SAHUSSET, LE SAUZET, LA SAUZEDE, LA SAUZINGUEDE, LE SAOUZE LOUNG...
Salix viminalis ( du latin vimen, viminis ) se taillait en têtard pour fournir aux vanniers de minces tiges d’osier ( qui se dit vim, en occitan) ; depuis qu’ils ne sont plus étêtés, on voit, des vieux troncs creux s’élancer des branches démesurées. De vimen vient le nom d’une des sept collines de Rome, le VIMINAL. [3] En pays occitan, les toponymes VIMENET, LA VIMBENETA rappellent une oseraie. Quant au scion d’osier, il se dit soit vige ( du latin vitex ) d’où LA VIGIERE, LA VIGERETTE, soit vergant ( du latin virga ) qui donne BREGUE, VERANIERO, VERGANTIERO.

Le saule dit " pleureur", celui que Linné a nommé Babylonica en souvenir du psaume 137 où les juifs exilés chantent leur nostalgie " Sous les saules de Babylone, nous étions assis et nous pleurions" n’a pas laissé de traces en toponymie puisqu’il a été importé d’Asie au XVII° siècle.

Le peuplier
Le peuplier voisine avec le saule dans les zones humides où il est systématiquement planté comme arbre de rapport ; sa croissance rapide permet une exploitation intensive pour produire du bois pour les charpentes. Le latin populus donne en français peuple, en gascon pobla et en occitan piboul. Le "p" étant prononcé comme "b", on trouve les microtoponymes BIOULE, BIOULOUX, BIGOLAR, PIBOLADA, PIBOLATA ...Il exite des noms de famille PIBOULET, PIBEAU, PIBAULT, LAPOUBLADE.

Populus tremula, le peuplier tremble, dont la feuille est sensible au moindre souffle de vent à cause de son long pétiole aplati, fournit les toponymes LES TREMOULS, LA TREMOUILLE, TREMOILLE, TREMOLADA, TREMOLIERE, les noms de famille TREMOLET, TREMOULIERE ...

dimanche 25 janvier 2015, par Geneviève Durand

Notes

[1Musset,Lucie.

[2Verhaeren, Un saule.

[3Celle où se trouve Sainte Marie Majeure.